L’aurore du comté de Chiny

Les origines du comté restent obscures et ne s’appuient que sur la tradition et ses hypothèses. Que les comtes de Chiny tirent leur filiation des comtes de Warcq semble clair. En effet, Arnould I, premier comte de Chiny à être cité dans les sources diplomatiques vers 1060, puis à nouveau en 1066, porte également le titre de « comes de Warche ». Il semble cependant vraisemblable que ce soit Otton, comte de Warcq cité en 969, qui ait jeté les bases du futur comté de Chiny. Ce mosan paraît déjà être en possession de biens fonciers sur la Semois. Une confirmation des avoirs de l’abbaye de Mouzon, faite en 1023, mentionne la donation d’un manse à Orgeo, effectuée par Frédéric I de Bar, duc de Haute Lotharingie (965-978), « pour le repos de l’âme d’Otton ». Les circonstances de son éventuelle installation sur la Semois pourraient s’expliquer soit par le biais d’une union avantageuse, soit par celui d’une usurpation, avec l’assentiment, au prix de liens de dépendance, des premiers ducs de Haute Lotharingie de la maison de Bar. Faute de textes, il n’est pas possible de préciser l’époque de l’érection du comté. Au mieux, peut-on émettre l’hypothèse de son origine avant 978.

D’après A. MATTHYS et G. HOSSEY, Le castrum comtal de Chiny, Archaeologia Belgica, 211, Bruxelles, 1979, p. 30 et 31.

Carte de Dezauche de 1781

En France, les débuts de la cartographie (XVIIe, XVIIIe s.) distingueront deux grandes familles de cartes : les cartes topographiques au sens strict et celles liées à la connaissance de la frontière du Nord.
La seconde catégorie a pour origine la volonté de monarques (Louis XIV et Louis XV notamment) de réaliser de véritables levés topographiques permettant d’implanter plus sûrement la ligne frontière.
La carte de Dezauche de 1781, réalisée après la signature du Traité des Limites entre la France et l’Autriche (18 novembre 1779) qui réglait les contestations territoriales en Hainaut, dans le Tournaisis et dans le Luxembourg, permet de visualiser les confins de la Champagne, et représente essentiellement le duché de Bouillon, l’ancien comté de Chiny (Les anciennes prévôtés du comté de Chiny sont toujours citées : Chiny, Etalle, Ivois, Montmédy, Virton) et le duché de Luxembourg.

D’après WATELET M., Paysages de frontières, Lannoo-Duculot, Paris-LLN, 1992, pp. 88-89.
Sur le fragment de cette carte, figure Warcq, au sud-ouest de Charleville-Mézières, le territoire d’origine du premier comte de Chiny


Si la protection des vestiges historiques n’est pas une priorité au 19ème siècle pour les autorités communales de Chiny, les pierres des anciennes fortifications et bâtiments en ruine représentent un matériel de construction réutilisable. Aussi les mandataires communaux ont-ils pris les décisions nécessaires : interdiction pour les particuliers de se saisir des pierres sans autorisation mais possibilité de les acheter. De là à savoir si les habitants ont respecté ce règlement…