Les édifices religieux

En 1097, le comte Arnould II (1068-1106) dota l’église Sainte-Walburge au profit de l’abbaye Saint-Arnoul de Metz pour y fonder un prieuré. Cette église qualifiée de « ecclesiam sanctae Walburgis », est située « infra castrum ». De cette localisation précise, il ressort que l’église Sainte-Walburge n’était autre que la chapelle castrale primitive. Par ailleurs, l’examen de son patronyme révèle que sa fondation, du moins dans cette région, ne peut pas être antérieure au milieu du Xe siècle.
Depuis son origine et jusqu’au tournant des XVIe-XVIIe siècles, l’activité paroissiale était orientée vers l’église-mère de Jamoigne. Durant toute cette période, Chiny ne possédait qu’un seul édifice religieux : la chapelle castrale Sainte-Walburge deprevenue priorale en 1097. L’existence d’un édifice religieux unique est encore attestée vers 1565 par l’Atlas de Deventer. Cette église survécut jusqu’au début du XIXe siècle. Peu après 1565 et en tout cas avant 1607, un second édifice religieux, dédié à Sainte-Elisabeth (*) et Marguerite est construit à proximité immédiate de l’église priorale. Cette chapelle est le fruit involontaire de la querelle qui, de 1585 à 1598, opposa les Bénédictins de l’abbaye St-Arnoul de Metz aux Jésuites de Luxembourg pour la possession du prieuré.

D’après A. MATTHYS et G. HOSSEY, Le castrum comtal de Chiny, Archaeologia Belgica, 211, Bruxelles, 1979, p. 22 et 24

(*) NDRL : En l’honneur de l’infante d’Espagne de l’époque.

Fouilles dans l’ancien cimetière

Au total, en 1968, sept tranchées creusées dans l’ancien cimetière, aujourd’hui désaffecté, mirent au jour les restes bien insignifiants de ce qui fut le centre spirituel de la fortification. Les nombreuses inhumations postérieures ont complètement bouleversé les vestiges des constructions et les quelques pans de murs dégagés n’ont permis aucune vision d’ensemble.

A. MATTHYS et G. HOSSEY, Le castrum comtal de Chiny, Archaeologia Belgica, 211, Bruxelles, 1979, p. 22

Cette carte postale du quartier du Fort (début 20ème siècle), à proximité du vieux cimetière, est intéressante car elle montre l’ancien chemin médiéval qui passait juste devant les maisons situées à gauche. Il a disparu dans un passé récent, utilisé comme usoir par les riverains.

Le peintre Camille Barthélemy

Le 12 janvier 1961, Camille Barthélemy s’éteignait à la clinique de Saint-Mard, son village natal, à l’âge de septante ans. La province de Luxembourg et la Gaume venaient de perdre un de leurs plus grands artistes.
Camille Barthélemy était né un 28 novembre 1890 à l’ombre du clocher de l’église Saint-Martin à Vieux-Virton. Nestor Outer, son professeur de dessin au collège communal, remarqua très vite ses dons pour le dessin et encouragea son jeune élève à poursuivre des études artistiques. De 1906 à 1914, il fréquenta l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et, dès ses débuts, travailla chez des peintres décorateurs. En marge de la peinture sur chevalet qu’il pratiqua depuis 1916, il enseigna le dessin et le travail manuel aux élèves de l’Ecole moyenne de Schaerbeek et de Diest.
C’est la Flandre d’abord qui séduisit ce paysagiste qu’attirait la douce harmonie des impressionnistes. Puis, libéré peu à peu de ces influences, l’artiste s’exprima puissamment quand il s’attacha à peindre l’Ardenne en couleurs fortes et formes géométrisées. En 1931 à Bruxelles, l’exposition intitulée « L’Ardenne sous la neige » le consacre comme l’un des meilleurs peintres de cette région. Mais au lendemain de celle-ci, Barthélemy renoue avec sa Gaume natale et c’est à la lisière des deux qu’il s’installe, à Chiny, dans une maison qu’il avait acquise en 1922 avec Irène Fech, une institutrice d’Arlon épousée en 1920. Il ne s’y consacre plus qu’à la peinture.
Barthélemy a parcouru la France et le Grand-Duché de Luxembourg. De ses voyages dans les vallées du Tarn, du Lot et de l’Aveyron, de l’Espagne et du Maroc, il rapporta des œuvres lumineuses et solidement construites.
Des eaux-fortes de l’artiste se dégage semblable force et puissance qui placent le graveur parmi les plus intéressants du pays.
Vous observerez, derrière vous, sur l’ancienne maison du peintre, dans l’angle droit du tournant vers l’hôtel , une plaque en bronze avec son profil, profil tiré d’une médaille originale, œuvre de Joseph-Gérard Van Goolen (1885-1944), sculpteur de talent. Un même profil, en bronze, personnalise la pierre tombale de l’artiste au cimetière de Saint-Mard.

D’après www.museesgaumais.be

Le four banal

Chaque bourgeois de Chiny était tenu de s’acquitter de la banalité du four.
Cette taxe n’est pas évoquée dans la charte de franchises, mais apparaît dans le premier état domanial (1330) comme l’unique redevance due par les “T’Chinots”. Ces derniers étaient dispensés du transport du bois destiné à l’alimentation du four et des travaux de réparation de l’ouvrage. Le prévôt jouissait des revenus du four banal comme émoluments d’office.
L’Auditeur De Berg, dans son rapport de 1741 sur les bois dépendants de la gruerie de Chiny, précise : « Ce four de 13 pieds 10 pouces en croix (environ 4 m 25 aujourd’hui), sur 5 pieds 8 pouces de haut (environ 1 m 75 aujourd’hui), cuisant quatre fois par semaine en deux jours differens devroit sur le susdt pied être reglé à 52 cordes par an, mais eû égard a la proximité de la forêt et des aisances de chinÿ où les fourniers pourront ramasser ce bois mort, l’on estime qu’il convient de reduire la susde quantité d’un tiers en assignant à ce four 70 perches à raison de 35 cordes seulement» (A.G.R.). Quarante ans plus tard, le four banal n’est plus que souvenir.

Compte de 1330 renouvelé en 1384, Chambre des Cptes n° 47430, p. 43 v°, A.G.R.