Le tournoi de Chauvency (octobre 1285)

Le village de Chauvency-le-Château (F), situé entre la Chiers et la Meuse, à quelques kilomètres en aval de la ville de Montmédy, a été, en octobre 1285, le cadre de fêtes grandioses organisées par Louis V de Looz, comte de Chiny (1268-1299). C'est grâce au récit du trouvère Jacques Bretel, qui en a rapporté les moindres détails, que l'on a une belle vision du tournoi qui s'est tenu à une période évitant les fortes chaleurs de l’été. Plus de 500 chevaliers répondirent à l'invitation du comte de Chiny. Ces seigneurs étaient accompagnés par des hérauts d'armes chargés d’annoncer solennellement les noms des combattants, pages, serviteurs, écuyers, palefreniers, ménestrels, musiciens, poètes à gages, cuisiniers, valets… Les invités, vu leur nombre, ont été accueillis dès le dimanche 30 septembre, au château de Chauvency et sous tente, mais aussi à Montmédy. Les deux jours suivants, 1er et 2 octobre, furent consacrés aux joutes, exercices particulièrement épuisants opposant deux chevaliers lance à la main.

Les festivités d’octobre 1285 attirèrent pas moins de 5 à 6 000 personnes. A cela s’ajoutèrent aussi les spectateurs venus des alentours, bourgeois, marchands d’armes, armuriers, paysans, commerçants, notaires, banquiers, médecins, acrobates et jongleurs, prostituées… On peut estimer que le tournoi de Chauvency accueillit entre 8 et 10 000 personnes, selon Dominique Henriot-Walzer.

Ainsi, en dehors de la noblesse lorraine, des seigneurs et chevaliers de régions limitrophes (Allemagne, Alsace, Picardie, Hainaut, Flandre, Brabant, Limbourg, Franche-Comté, Bourgogne, Champagne, Berry, Ile-de-France, Vexin, Sancerrois, Hesbaye, Angleterre...) se déplacèrent à Chauvency. Le comte de Chiny, étant en relation avec de puissantes familles, il invita notamment le prestigieux comte Henri VI de Luxembourg (1281-1288) accompagné de son épouse, Béatrice, et de son frère Valéran de Ligny.

Alors que la majorité des barons présents parlaient français, une minorité était de langue germanique.

Informations provenant de http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.be

Illustrations du manuscrit accessibles sur internet.

Le droit de Beaumont dans le comté/duché de Luxembourg (XIIe – XVIIIe siècles)

Les nouvelles habitudes namuroises auraient-elles fait florès dans le comté de Luxembourg, au moment du règne commun sur les deux régions de Henri l’Aveugle (1136-1186) ? Ou l’influence barroise est-elle prédominante ? Toujours est-il qu’au XIIIe siècle, quarante localités du comté de Luxembourg disposent de leurs chartes d’affranchissements construites sur le modèle de la loi de Beaumont, promulguée en 1182 par Guillaume de Champagne (par ailleurs évêque de Reims) pour ses localités du Barrois, de la Champagne, de la Lorraine et du Rethelois. Il s’agit d’une des franchises les plus libérales d’Europe. Quatre-vingts localités en seront dotées dont la moitié (sur la carte) dans le Luxembourg wallon actuel. Droit régional, la loi de Beaumont concerne essentiellement le pays gaumais. En 1775, une ordonnance de l’impératrice d’Autriche supprime purement et simplement cette coutume qui organisait notamment la vie municipale par une réelle élection des maire, jurés et doyen de justice. D’autres largesses avaient été accordées par Guillaume de Champagne, notamment en matière d’impôts et de commerce. Dans un souci de centralisation accrue, Vienne souhaitait désigner maire et échevin, en leur attribuant un mandat à vie.

Références Lor-204 ; RouNa-207-208

Institut Destrée (Paul Delforge et Marie Dewez) - Segefa (Pierre Christopanos, Gilles Condé et Martin Gilson) - http://connaitrelawallonie.wallonie.be

Beaumont-en-Argonne

Beaumont-en-Argonne, commune française située dans le Département des Ardennes en région Champagne-Ardenne, se trouve à quelques 38km de Chiny. Elle dispose de quelques témoins architecturaux originaux, notamment un bâtiment à arcades entourant la place à proximité de l’église, l’église elle-même dont le clocher en forme d’obus a été influencé par la première guerre mondiale, et des ruelles typiques. Une plaque officielle rappelle que la localité a donné son nom au Moyen Age à une loi d’affranchissement dont l’influence s’est étendue à bien des régions voisines.

Billon bourgeois de Louis VI, comte de Chiny (1310-1336), frappé vers 1311-1313 à Yvoix (Carignan). Droit : + LUDOVI-CUS CES Croix latine tréflée, coupant la légende en bas. Revers : (Y)VODIENSIS Dans le champ, NOS/TIS sous une couronne. 0,91 g

Arnoul de Looz hérita du comté de Chiny en 1299, à la mort de son oncle Louis V. Il fit frapper à Yvoix un double parisis imitant le type royal français émis de 1295 à 1303. En 1310, Arnould III associa son fils Louis au gouvernement du comté de Chiny et lui remit le comté de Looz le 30 décembre 1323. Louis VI (1310-1336) fit frapper différentes imitations à Yvoix : des esterlins au type anglais, des volants au type liégeois et des doubles parisis de type français. Ce bourgeois inédit imite servilement le bourgeois fort de Philippe le Bel introduit en France en janvier 1311, devant circuler au cours de 2 ½ deniers tournois. La titulature royale au droit est remplacée par le nom du comte Louis, au revers figure la légende NOS/TIS au lieu de FOR/TIS royal. L’attribution à Yvoix ne fait aucun doute, la graphie (Y)VODIENSIS est très proche de la légende d’un esterlin avec MONETA YVODIE.

Source : www.numisbids.com